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Choisir son statut juridique

Quelle que soit votre activité, pour donner vie à votre affaire, vous devez donner un statut juridique à votre entreprise. Créateur de société ou entrepreneur individuel, à vous de choisir !

5 critères pour choisir

Pour faire le choix du statut juridique de votre entreprise, vous pouvez tout d'abord vous reporter aux cinq critères suivants.

La nature de l'activité

Vous ne le saviez peut-être pas, mais certaines activités imposent le choix du statut juridique de l'entreprise.
Par exemple, les débits de tabac doivent obligatoirement être exploités en entreprise individuelle ou en Société en nom collectif.
Renseignez-vous donc auprès des organismes professionnels qui vous concernent.

Seul ou associé

Vous ne pouvez pas réunir les capitaux nécessaires à la création de votre entreprise tout seul ? Vous souhaitez monter une affaire familiale ? Vous voulez associer les compétences d'un autre aux vôtres ? Les raisons de vouloir s'associer sont nombreuses. Et dans ce cas, vous devrez obligatoirement opter pour un statut de société (SA, SAS, SARL…).

Si vous souhaitez rester seul maître à bord, mieux vaut opter pour l’EURL ou l’entreprise individuelle, forme juridique souple et peu onéreuse.

L'organisation patrimoniale

Vous voulez bien monter une entreprise mais craignez de voir vos biens saisis si l'aventure tourne mal ?

Rassurez-vous. En choisissant le statut de société, vos biens personnels sont à l'abri. En effet, ce statut permet de différencier patrimoine personnel et professionnel, et seul le second peut s’avérer être la proie de créanciers.

Le cas du statut d'entrepreneur individuel est moins protecteur. En effet, patrimoine personnel et professionnel sont confondus. Jusqu'à aujourd'hui, seule votre résidence principale est insaisissable. Mais la situation pourrait changer prochainement : le projet de loi de modernisation de l'économie prévoit d'élargir le patrimoine protégé à tous les biens fonciers (bâtis et non bâtis) que vous n'utilisez pas à des fins professionnelles.

Pour en savoir plus, reportez-vous à notre éclairage "Protéger ses biens et ses proches quand on crée une entreprise".

Vos besoins financiers

Vous créez une entreprise à forte dominante technologique ? Vous vous lancez dans une activité industrielle ? Vos besoins financiers risquent d'être importants, voire supérieurs à la somme maximale que vous pouvez investir dans votre activité.

La solution ? Accueillir des investisseurs dans le capital de votre entreprise. Pour que cela soit possible, vous devez opter pour un statut juridique adéquate : une société de type  SA (Société Anonyme) ou SAS (Société par Actions Simplifiée).

La gestion de votre entreprise

Etes-vous prêt à vous conformer à des règles de gestion strictes et parfois pesantes ? Si la réponse est oui, vous pouvez opter pour une société.

Sinon, mieux vaut, dans la mesure du possible (pas d'associé) choisir l'entreprise individuelle. Ici, les formalités sont simplifiées, et vous prenez seul toutes les décisions qui concernent votre entreprise, sans avoir à rendre de comptes...

Entreprise individuelle ou société ?

Pour vous aider à choisir entre l'entreprise individuelle et la société, voici les éléments phares de ces deux statuts.

L'entreprise individuelle

L'entreprise individuelle me correspond-elle ? Oui si votre activité comprend peu de risques et que vos investissements sont limités.

Sur le plan juridique, votre entreprise et vous ne formez qu’une seule et même personne. Il en découle donc plusieurs conséquences :

  • Vous disposez d’une grande liberté d'action et n’avez de compte à rendre à personne.
  • Vos patrimoines professionnel et personnel sont juridiquement confondus. Ainsi, vous êtes responsable des dettes de votre entreprise, et vos biens personnels ne sont pas protégés de vos créanciers. 
  • Votre entreprise porte officiellement votre nom, éventuellement suivi d’un nom commercial.
  • Les bénéfices de votre entreprise sont soumis à l’impôt sur le revenu. 
  • Les formalités de création de l'entreprise sont réduites au minimum.

 

Le statut de société

La société, est-ce que c'est fait pour moi ? Oui si vous désirez vous associer, si vous souhaitez protéger votre patrimoine déjà existant, avoir un statut de salarié, ou bénéficier de protection sociale.

La société est, elle, juridiquement une entité distincte. Les conséquences : 

  • Votre société dispose de son propre patrimoine. Vos biens personnels sont donc à l'abri des créanciers possibles de votre entreprise (sauf pour les sociétés en nom collectif).
  • Votre société a un nom (dénomination sociale), un domicile (siège social) et doit disposer d'un minimum d’apports (capital social).
  • En tant que dirigeant, vous agissez au nom et pour le compte de votre société. A ce titre, vous devez respecter un certain formalisme et rendre périodiquement des comptes à vos associés ou investisseurs. 
  • Votre société peut être imposée au titre de l’impôt sur les sociétés.
  • Les formalités sont plus poussées que dans le cas de l'entreprise individuelle. Rédaction et enregistrement des statuts auprès du centre des impôts, parution d’une annonce dans un journal d’annonces légales, enregistrement auprès du greffe du tribunal… sont au programme.

Témoignage

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Pour connaître en détail les différentes formes juridiques d’une entreprise, consultez ci-dessous le tableau récapitulatif.
Forme juridiqueAssociés requisMontant du capital socialResponsabilitéImposition des bénéficesRégime fiscal des revenus de l'entrepreneurRégime fiscal des dirigeants
Entrepreneur individuelaucunPas de notion de capital socialEntrepreneur seul responsable et uniquement sur ses biens personnelsAucune au niveau de l'entreprise. Le chef est imposé directement au tite de l'IR dans la catégorie correspondant à l'activité de l'entrepriseL'IR dans la catégorie correspondant à l'activité de l'entrepriseRégime des non salariés
EURL (SEL pour les professions libérales)aucun*Possibilité de verser 20% des apports en numéraire au moment de la constitution, et le solde peut être libéré dans les 5 ansLimitée aux apportsAucune au niveau de la société. L'associé est imposé directement au titre de l'IR (BIC ou BNC). L'EURL peut opter pour l'ISIR soit dans la catégorie BIC ou BNC (EURL à l'IR) soit dans celle des traitements et salaires (EURL à l'IS)Le gérant est l'associé unique = régime des non salariés. Le gérant est un tiers = assimilé salarié
SARL (SELARL pour les professions libérales)2 min. 50 max.Possibilité de verser 20% des apports en numéraire au moment de la constitution, et le solde peut être libéré dans les 5 ansLimitée aux apportsSoumis à l'IS. Dans le cas de la SARL de famille, l'associé peut opter pour l'IRTraitements et salairesGérant minoritaire ou égalitaire = assimilé salarié. Gérant majoritaire = non salarié
SA7 min. pas de max37000€ min. 50% des apports en numéraire sont versés obligatoirement au moment de la constitution, possibilité de verser le solde dans les 5 ansLimitée aux apportsSoumis à l'ISTraitements et salaires pour le président du Conseil d'administrationLe président est assimilé salarié. Les autres membres du Conseil ne sont pas rémunérés pour leurs fonctions de dirigeant et ne relèvent donc d'aucun régime
SAS1 min. (SASU) pas de max37000€ min. 50% des apports en numéraire sont versés obligatoirement au moment de la constitution, possibilité de verser le solde dans les 5 ansLimitée aux apportsSoumis à l'ISTraitements et salaires pour le présidentLe président est assimilé salarié
SNC2 min. pas de maxPas de capital minimumLes associés sont tous responsables solidairement et indéfiniment sur l'ensemble de leurs biens personnelsAucune au niveau de la société. Chaque associé est personnellement imposé sur sa part de bénéfice au titre de l'IR (BIC). La société peut opter pour l'ISIR dans la catégorie des BICRégime des non salariés

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