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Déficit public, à quoi correspond-il ?

2010

Article mis à jour en 2010/2011
Les taux d'intérêts
Depuis la crise financière de 2007/2008, les déficits publics de nombreux pays occidentaux ont explosé. Quel est l'enjeu de leur maîtrise ?

Déficit : moins de recettes, plus de dépenses

Définition du déficit : moins de recettes, plus de dépenses

Un déficit est un résultat comptable. Il est obtenu à partir de la formule suivante : Recettes-dépenses.

Pour qu'un Etat affiche un budget déficitaire, il faut donc que le cumul de ses dépenses soit supérieur au cumul de ses recettes. L'Etat est pris au sens de l'ensemble des administrations publiques (Etat, Sécurité Sociale, Collectivités Locales).

Parmi les recettes, l'Etat peut compter sur les recettes fiscales : impôt sur le revenu, TVA, ISF, impôts sur les plus-values... et les cotisations sociales. Parmi les dépenses, l'Etat doit assurer le paiement des salaires des fonctionnaires, l'investissement dans les infrastructures (écoles, réseau routier...), les dépenses de sécurité (armement, police), les dépenses de santé (hôpitaux publics, sécurité sociale...)....

Quand l'Etat dépense plus qu'il ne collecte, il se retrouve en déficit. On parle de déficit public.

Comment faire face au déficit ?

Pour faire face au déficit, pour le réduire, l'Etat a deux solutions : la première revient à augmenter les prélèvements pour accroître les recettes. Ce sont les hausses d'impôts. Cela peut passer par la hausse de l'impôt sur le revenu, la hausse de la TVA, la création de nouvelles taxes... l'éventail des possibilités est large.

La seconde solution est de réduire le montant des dépenses : gel ou baisse du salaire des fonctionnaires, réduction des investissements dans les infrastructures, réduction des budgets de chaque ministère...

L'endettement pour assurer les dépenses

Quand un Etat est en situation de déficit, il est contraint de s'endetter pour continuer à financer ses dépenses. En 2009, suite à la crise financière mondiale qui a frappé les économies occidentales, de nombreux plans de relance ont été mis en place. De plus, la récession économique a entraîné une baisse marquée des recettes. Les déficits se sont fortement creusés. Pour les financer, la plupart des gouvernements ont accru leur endettement. Ils ont emprunté des fonds aux investisseurs sur le Marché.

Le revers de la médaille est évident : à mesure que les Etats s'endettent, ils participent à creuser leur déficit à court terme. Quand on emprunte de l'argent aux investisseurs, il faut leur verser des intérêts. C'est ce qu'on appelle le coût de la dette. Et plus la dette est importante, plus le coût de la dette est élevé, et plus le déficit budgétaire se creuse...

Cette situation peut devenir critique lorsque les investisseurs, avec l'aide des agences de notation, estiment que le déficit atteint des proportions inquiétantes. Ils commencent à s'interroger sur la capacité de l'Etat à honorer sa dette. L'Etat concerné voit alors sa note de confiance abaissée. Il doit ensuite proposer des taux de rémunération plus élevés aux investisseurs, et il creuse encore plus son déficit... la spirale infernale est enclenchée.

Gestion du déficit : les critères de Maastricht

Pour éviter que ce genre de situation se réalise en Europe, les fondateurs de l'Union européenne, puis de  la monnaie unique (la zone euro) ont défini, en 1992, des critères stricts à respecter en matière budgétaire.

Les principaux critères à retenir sont les suivants :

  • le déficit public d'un pays membre de la zone euro, ne doit pas excéder 3% de son PIB (Produit intérieur Brut)

  • le montant de la dette publique ne peut excéder 60% du PIB.


En 2010, la Grèce, l'Espagne, Le Portugal, L'Irlande, l'Italie, la France... avaient largement dépassé ces lignes rouges, d'où l'annonce par les différents gouvernements de la mise en place de « plans de rigueur », à savoir moins de dépenses et plus de recettes.

Déficit public : l'enjeu de la rigueur

A mesure que les déficits explosent, les investisseurs, qui sont aujourd'hui devenus les premiers bailleurs de fonds des états occidentaux, deviennent plus prudents et réclament des taux de rémunération plus importants. Cela a pour conséquence d'accroître le poids de la dette, de pousser les taux longs à la hausse et donc de brider l'investissement et la consommation, donc la reprise de l'activité économique.

Un déficit public important ne peut se justifier que s'il permet un retour sur un investissement rapide : une nette reprise de l'activité économique et des créations d'emplois qui permettront d'augmenter les recettes de l'Etat (impôts et TVA) et donc de réduire le déficit creusé pour la relance.

Lexique

PIB

Le produit intérieur brut correspond à l'ensemble des richesses créées par un pays. C'est la somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises implantées sur le territoire, qu'elles soient françaises ou étrangères. Il ne faut pas le confondre avec le PNB.

PNB

LE produit national brut correspond à l'ensemble des richesses créées par des entreprises nationales.

Avertissement : Les informations fournies par LCL proviennent de sources dignes de foi mais ne sauraient entraîner sa responsabilité en cas d'inexactitude.

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