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L'inflation, qu'est-ce que c'est ?
2010
Article mis à jour en 2010/2011

Entre la hausse des prix des produits alimentaires, le montant des dettes des états européens, de nombreux économistes craignent le retour d'une inflation élevée ? De quoi s'agit-il ? Faut-il s'en inquiéter ? Explications.
Définition de l'inflation

Lorsque l'on parle d'inflation c'est généralement pour traduire le fait que les prix augmentent. Plus le taux d'inflation est élevé, plus la vie coûte chère, et plus notre pouvoir d'achat diminue.
La définition économique de l'inflation est un peu plus complexe : l'inflation correspond à l'augmentation de la masse monétaire en circulation. L'une des conséquences de l'accroissement du volume de monnaie en circulation est une hausse généralisée des prix, laquelle entraîne une baisse du pouvoir d'achat d'une monnaie.
Comment calcule-t-on l'inflation?


L'inflation est donnée par un indice appelé Indice des Prix à la Consommation (IPC). Il se décompose en 305 indices de familles de produits différents (œufs, pantalons pour enfants, coiffeur pour femmes...). Il prend en compte environ 200.000 prix pour plus de 1.000 produits différents. En France, c'est l'INSEE (www.insee.fr) qui calcul l'IPC. D'un mois sur l'autre, il est facile de déterminer les variations de cet indice et d'en déduire un taux d'inflation (hausse des prix). Au niveau européen est calculé l'Indice des Prix à la Consommation Harmonisé (IPCH).
A savoir : les achats de biens immobiliers, l'assurance vie... ne rentrent pas dans le calcul des indices de l'inflation car il ne s'agit pas de biens (ou de services) de consommation... En revanche, les loyers d'habitation y figurent.
L'inflation et le pouvoir d'achat...

«Depuis le passage à l'euro, tout coûte plus cher»... Cette phrase est dans toutes les bouches !
Il est vrai que le changement de monnaie s'est traduit par une hausse des « petits prix » comme celui de la baguette de pain ou celui du café au comptoir. Et pourtant si l'on se réfère aux indices statistiques, l'inflation a sensiblement diminué dans la zone euro ces dernières années, pour devenir nulle en 2009, avant de remonter à moins de 2% en 2010. Comment expliquer ce paradoxe ?
L'indice de l'inflation est en fait une sorte de moyenne entre des produits alimentaires, et des produits de consommation non alimentaires. La baisse régulière des équipements électroniques (écrans plats, téléphones, consoles...) a largement compensé la hausse du prix de la baguette de pain !
Conclusion : une baisse de l'inflation n'est pas synonyme d'une baisse de tous les prix.
Quelles sont les conséquences économiques d'une poussée d'inflation ?
Les banques centrales (La BCE, la Réserve Fédérale américaine, la Banque du Japon...) tentent de limiter l'inflation car elle réduit la compétitivité, érode le pouvoir d'achat des ménages et fait fuir les investisseurs étrangers. L'une des conséquences de l'inflation est de faire perdre à une monnaie son pouvoir d'achat, donc son attractivité. « Si les 100 euros d'aujourd'hui ne me permettent plus, demain, d'acheter autant de choses, je vais m'appauvrir. En tant qu'investisseur, je vais vendre mes euros pour me reporter sur une monnaie plus stable, dont le pouvoir d'achat ne risque pas de baisser ». Au final, les investisseurs se retirent d'Europe et c'est toute l'économie qui peut en pâtir. Voilà pourquoi la lutte contre l'inflation est une priorité notamment dans la zone euro.
A qui profite l'inflation ?
Tout le monde ne se plaint pas de l'inflation. Si vous avez emprunté à taux fixes pour acheter un bien immobilier, vous serez les grands gagnants d'une hausse de l'inflation ! Une dette de 100.000 euros dans un contexte non inflationniste pèse plus lourd qu'une dette de 100.000 euros avec un taux d'inflation de 6%. Car si tous les prix et les salaires augmentent, le poids de la dette contractée par le passé, devient proportionnellement moins lourd.
Les entreprises et les Etats surendettés peuvent également se réjouir temporairement d'une inflation maîtrisée. Elle leur permet d'alléger le montant des intérêts. Au début des années 80, l'inflation atteignait près de 15% en France. Une inflation modérée (moins de 5%) n'est pas forcément un mal. Une hyperinflation (plus de 50% par mois) est catastrophique car les prix flambent mais les salaires ne peuvent pas suivre !
Lexique
Déflation
La déflation est le cumul d'une baisse continue des prix, d'une décroissance de l'économie et d'un taux de chômage qui s'apprécie. En période de déflation, les ménages et les entreprises anticipent une baisse continue des prix. Ils limitent donc leurs achats et leurs investissements. Ils reportent à une date ultérieure leur décision d'investissement. Les entreprises voient leur activité chuter. Elles ferment ou se restructurent. Le chômage grimpe, encourageant les ménages à consommer moins et à épargner plus. On parle de spirale déflationniste.
Désinflation
C'est la baisse du taux d'inflation. Les prix ralentissent.
Stagflation
C'est la conjonction d'une croissance économique stagnante et d'une inflation qui remonte.
Hyperinflation
Dans certains pays, l'inflation est si forte que la monnaie n'a plus aucune valeur. Dans les années 20, l'Allemagne a connu une période hyperinflationniste : il fallait par exemple 10 millions de Deutsch Marks pour acheter un timbre postal. Un cauchemar pour les rentiers qui ont été ruinés durant cette période.Avertissement : Les informations fournies par LCL proviennent de sources dignes de foi mais ne sauraient entraîner sa responsabilité en cas d'inexactitude.













