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Zone euro : pays membres, critères d'adhésion et fonctionnement

Publié le 13/06/2014

Depuis le 1er janvier 2014, dix-huit États membres de l'Union européenne appartiennent à la zone euro. La zone euro implique pour ses membres de maintenir une monnaie unique et de veiller au respect de la politique monétaire définie par la Banque centrale européenne.

Qu'est-ce que la zone euro ? Quels en sont les pays membres ? Quels sont les critères pour adhérer à la zone euro ? Comment la politique monétaire y est-elle mise en oeuvre ? Toutes les informations pour comprendre l'histoire et le fonctionnement de l'Union Économique et Monétaire (UEM).

Définition de la zone euro

 

La zone euro, aussi appelée l'Union économique et monétaire, regroupe une partie des États membres de l'Union européenne (UE) qui ont remplacé leur monnaie nationale par une monnaie unique : l'euro.

  • Le passage à l'euro a été progressif :

  • Le 1er janvier 1999, l'euro devient la monnaie légale de 11 États membres de l'UE et coexiste avec la monnaie nationale de ces pays. Durant cette phase de transition, l'euro n'était utilisé que par les banques et les entreprises. Les particuliers pouvaient uniquement payer leurs impôts ou émettre des chèques en euros.

  • Le 1er janvier 2002, les pièces et les billets en euros sont mis en circulation dans tous les États membres de la zone euro. En France, le paiement en euros ou en francs chez un commerçant est alors possible.

  • Depuis le 18 février 2002, seuls les billets et les pièces en euros ont cours légal dans les États membres de la zone euro (c'est-à-dire qu'ils doivent être acceptés pour tout règlement).

Pourquoi l'euro a-t-il été créé ?


En 1991, le Conseil européen (composé des chefs d'État ou de gouvernement des États membres de l'UE) a décidé de former une Union économique et monétaire. Cette décision a été officialisée en 1992 par l'adoption du traité sur l'Union européenne (traité de Maastricht).
La mise en place de la monnaie unique visait plusieurs objectifs :

  • réduire le coût lié aux opérations de change qui se répercutait sur les entreprises et les consommateurs ;

  • mettre fin à l'instabilité des différentes monnaies nationales des États membres de l'UE ;

  • renforcer la compétitivité des entreprises européennes face à la concurrence internationale en facilitant leur accès aux marchés de capitaux.

Liste des pays membres de la zone euro


Au 1er janvier 2014, la zone euro comprend 18 des 28 États membres de l'Union européenne : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, la Grèce, la Slovénie, Chypre, Malte, la Slovaquie, l'Estonie et la Lettonie.
L'euro a également cours légal dans les départements d'outre-mer, les territoires et les îles qui font partie des États membres de la zone euro.
 
L'euro est également utilisé :

  • en vertu d'accords monétaires conclus avec l'UE, dans les micro-États suivants : Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican ;

  • au Monténégro et au Kosovo, candidats à l'adhésion à l'UE.

Carte des pays membres de la zone euro en 2014

Critères pour entrer dans la zone euro


Pour entrer dans la zone euro, chaque État doit respecter certains critères (dits « critères de convergence » ou « critères de Maastricht ») fondés sur différents indicateurs économiques :

  • Un taux d'inflation n'excédant pas de plus de 1,5 point celui des trois États membres présentant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix ;

  • Un déficit public annuel inférieur à 3 % du PIB et une dette publique inférieure à 60 % du PIB ;

  • La participation de l'État au mécanisme de taux de change (MCE II) pendant les 2 années précédant l'examen de sa situation pour éviter des fluctuations des taux de change trop importantes au sein de la zone euro ;

  • Des taux d'intérêt à long terme sur la dette publique n'excédant pas de plus de 2 % ceux des trois États membres présentant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix.

 
Ces critères sont complétés en 1997 par le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC), puis assouplis en 2005 sous l'impulsion de l'Allemagne et de la France qui ne respectaient plus le critère de déficit public. Un dépassement « exceptionnel et temporaire » du seuil de déficit public est alors autorisé.
Après la crise financière mondiale de 2008, de nombreux États ne respectent plus les critères de convergence.
Le 1er janvier 2013, le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire entre alors en vigueur. Selon ce nouveau pacte budgétaire, des sanctions financières quasi-automatiques peuvent désormais être prononcées à l'encontre d'un État membre de la zone euro qui ne respecte plus les critères de convergence.

Politique monétaire de la zone euro

 

Si les États membres de la zone euro conservent leur autonomie dans les domaines fiscal et budgétaire, une politique monétaire unique est définie et mise en œuvre par l'Eurosystème, qui est composé :

  • de la Banque centrale européenne (BCE),

  • et des Banques centrales nationales des États membres de la zone euro.

 

L'objectif principal de l'Eurosystème est de maintenir la stabilité des prix dans la zone euro afin de préserver la valeur de l'euro. Pour atteindre cet objectif, l'Eurosystème est chargé de :

  • conduire les opérations de change des monnaies des pays qui n'ont pas encore adopté l'euro (mécanisme MCE II),

  • gérer les réserves officielles de change (devises étrangères, or) des États membres de la zone euro ;

  • veiller au bon fonctionnement des systèmes de paiement et de règlement dans la zone euro,

  • collecter et publier des informations statistiques financières et monétaires.

 

La Banque centrale européenne supervise par ailleurs les activités des banques centrales nationales (notamment l'émission et la mise en circulation des billets et des pièces en euros) et fixe les taux d'intérêt appliqués aux banques commerciales de la zone euro.