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Qu'est-ce que la compétitivité ?

Les problématiques et débats relatifs à la compétitivité économique sont nombreux et il est parfois difficile de cerner précisément les contours de ce concept. Qu'entend-on exactement par « compétitivité » ? Quels sont les indicateurs utilisés pour mesurer la compétitivité ? Quels sont les États les plus compétitifs ?

Publié le 26/04/2016

Compétitivité : définition

 

Il n'existe pas de définition unique de la compétitivité car ce concept englobe différents aspects de la vie économique. Deux notions sont toutefois traditionnellement distinguées : la compétitivité des entreprises et la compétitivité de l'Etat dans lequel celles-ci sont installées.


Compétitivité des entreprises


La compétitivité d'une entreprise est généralement définie comme sa capacité à faire face à la concurrence, c'est-à-dire à maintenir et à accroître ses parts de marché face à la concurrence des autres entreprises nationales ou étrangères.


Compétitivité des Etats


S'agissant de la compétitivité d'un État, celle-ci n'est pas, contrairement à une idée largement répandue, synonyme de performance à l'exportation. L'Union européenne la définit comme la capacité d'un Etat à améliorer durablement le niveau de vie de ses habitants et à leur procurer un haut niveau d'emploi et de cohésion sociale dans un environnement de qualité. Autrement dit, il s'agit de l'aptitude d'un territoire à maintenir et à attirer les activités et investisseurs au service de l'amélioration durable du bien être des populations concernées.


Les économistes distinguent souvent deux types de compétitivité, tant pour les États que pour les entreprises :

  • la compétitivité-prix, basée sur la capacité à produire des biens et des services à des prix inférieurs à ceux des concurrents avec une qualité identique ;
  • la compétitivité structurelle (ou hors-prix), basée sur la capacité à imposer ses produits sur un marché non pas du fait de leur prix mais en raison de leur qualité, de leur innovation, des services attachés, etc.

 

Comment améliorer la compétitivité ?

 

Il est délicat de dégager de grands axes simples d'amélioration de la compétitivité, tant les facteurs de compétitivité pour les entreprises comme pour les États sont nombreux et interagissent entre eux :

  • le coût du travail (qui inclut, outre les salaires versés, les cotisations sociales salariales et patronales ainsi que les divers impôts et taxes sur la main d'œuvre) ;
  • la durée du temps de travail ;
  • l'organisation du travail et la qualité du dialogue social ;
  • l'investissement en formation continue des salariés ;
  • le coût des matières premières et de l'énergie ;
  • la qualité des produits fabriqués ;
  • le taux de change (qui impacte fortement le coût des importations et le prix des exportations) ;
  • la capacité des entreprises à trouver des financements et capitaux ;
  • l'effort de recherche et d'innovation dans les secteurs porteurs ainsi que le soutien à l'exportation ;
  • la prise en compte des facteurs de développement durable ;
  • la stabilité de l'environnement fiscal et social ;
  • l'existence d'une véritable politique industrielle ;
  • plus généralement, les politiques publiques améliorant le cadre dans lequel évoluent les acteurs économiques (qualité des infrastructures, des réseaux, des services publics, etc.).

En fonction des courants de pensée économiques et politiques, certaines pistes de développement de la compétitivité seront privilégiées. Il n'y a malheureusement pas de recette miracle...

 

Comment mesurer la compétitivité ?


Il n'y a pas d’indicateur officiel unique de la compétitivité. Celle-ci peut être évaluée en fonction de nombreux indicateurs, qui varient selon l’acteur économique concerné et l’approche retenue et qui, de surcroît, peuvent être combinés entre eux.

 

Quelques indicateurs de compétitivité

Pour une entreprise Pour un État

 Les parts de marché que l'entreprise parvient à conserver ou à gagner par rapport à ses concurrents.

 La rentabilité : rapport entre les revenus (gains) procurés par l'activité de l'entreprise et les capitaux investis (fonds propres).

 La productivité : rapport entre la quantité de biens et services produits par l'entreprise et les moyens mis en œuvre pour y parvenir (niveau de travail et de capital).

 La part des exportations d'un État dans les exportations mondiales ou dans une région du monde.

 Le prix comparé des exportations : rapport entre les prix des produits et services exportés par un pays et ceux des produits et services importés par lui.

 Le taux de pénétration : rapport entre les importations et le marché intérieur d'un pays. C'est un indicateur de la dépendance d'un pays à l'extérieur.

 Le taux de couverture : rapport entre la valeur des exportations et la valeur des importations entre deux pays ou deux zones.

 

Quels sont les Etats les plus compétitifs au monde ?

 

Il existe deux principaux classements des États les plus compétitifs établis par l’Institute for Management Development et le World Economic Forum (WEF) et publiés respectivement en mai et en septembre de chaque année.


Le classement mondial de l’Institute for Management Development (IMD)


Le classement de l’Institute for Management Development (IMD) étudie la compétitivité de 61 pays sur la base de près de 300 critères, dont les deux tiers prennent en compte des indicateurs statistiques et un tiers est fondé sur des sondages réalisés auprès de plus de 6 200 dirigeants internationaux.

Selon l’IMD, les États-Unis sont le pays le plus compétitif au monde en 2015 en raison de « leur grande efficacité dans le domaine financier, leur sens de l'innovation et l'efficacité de leur infrastructure ». Les États-Unis sont suivis de Hong-Kong et de Singapour.

En revanche, la France n’est située qu’en 32e position du classement (-5 places en 2015).

Pour l’IMD, la France doit relever les défis suivants afin de gagner en compétitivité : la réduction des formalités administratives, la baisse des coûts du travail et de la charge fiscale et l'encouragement à l'investissement privé.


Le classement mondial du World Economic Forum (WEF)


Le classement du World Economic Forum (WEF) (Forum économique mondial de Davos) concerne 140 pays et est établi en plusieurs étapes :

  • les deux tiers de la note finale obtenue par chaque État sont attribués par des dirigeants d’entreprises en fonction d’une centaine de critères qualitatifs et quantitatifs : indicateurs macroéconomiques, infrastructures, qualité du système éducatif, situation sociale, intensité de la recherche et développement, etc. ;

 

En 2015, la Suisse est considérée comme le pays le plus compétitif, et ce depuis sept années consécutives. Elle est suivie de Singapour, des États-Unis et de l'Allemagne. La France figure en 22ème position du classement WEF (+1 place par rapport à 2014), alors qu’elle occupait le 15e rang en 2010.

Les États les plus compétitifs du monde en 2015

Compétitivité : les principaux atouts et faiblesses de la France 

 

Dans le classement mondial du WEF établi en septembre 2015, la France a obtenu de bons résultats parmi les indicateurs suivants :

  • l’équipement de la population en internet fixe (4e place) ;
  • les infrastructures ferroviaires (6e place) ;
  • l’ensemble des infrastructures (10e place) ;
  • la qualité des écoles de commerce (11e place).

 

Les experts du WEF considèrent que la France a particulièrement progressé dans les domaines suivants : l'efficacité de ses services publics, la fiscalité, la concurrence et l’efficacité du marché du travail (+ 20 places par rapport à 2013).

Certains points faibles de la France ont toutefois été identifiés par le WEF :

  • le poids de la réglementation (115e place) ;
  • les relations entre partenaires sociaux (116e place) ;
  • l’incitation fiscale au travail (122e place) ;
  • la souplesse de l’embauche et du licenciement (127e place) ;
  • le poids de la fiscalité (132e rang).

 

Au-delà des classements internationaux précédemment évoqués, le diagnostic du Conseil Economique et Social est également intéressant. Selon ce dernier, les points forts de l'économie française et ceux devant être améliorés pour accroître son niveau de compétitivité sont les suivants :

  • Les principaux atouts : une situation géographique et politique centrale en Europe, des infrastructures et des services publics de qualité, un dynamisme démographique, une main d'œuvre de qualité, un niveau élevé de protection sociale.
  • Les principales faiblesses : un niveau de formation qui se dégrade, un nombre trop faible d'entreprises de taille intermédiaire (ETI), un déclin relatif de l'appareil productif et de l'industrie, un retard dans le domaine des technologies de communication, un effort de recherche et développement insuffisant, une capacité d'autofinancement des entreprises trop faible.
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