Entreprises de taille
intermédiaire (ETI) :
forces et faiblesses

Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises jouent un rôle majeur dans l'économie du pays. Elles créent des emplois, participent à la création de richesse au niveau régional et national et sont bien implantées à l'étranger. Elles sont pourtant encore peu nombreuses et doivent faire face à certains obstacles. Tour d'horizon afin de comprendre pourquoi les ETI sont stratégiques pour la croissance et la compétitivité du pays.

Publié le 16/04/2018 Temps de lecture 2min

Qu’est-ce qu’une ETI ?


L’ETI se situe, de par sa taille, entre les PME (petites et moyennes entreprises) et les grandes entreprises.

Il existe une définition des ETI utilisée pour les besoins de l'analyse statistique et économique. Une ETI est une entreprise qui a entre 250 et 4 999 salariés. Son chiffre d’affaires n’excède pas 1,5 milliard d’euros ou le total de son bilan n’excède pas 2 milliards d’euros.

Est aussi considérée comme une ETI une entreprise qui a moins de 250 salariés mais plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires et plus de 43 millions d’euros de total de bilan.

En pratique, les ETI sont généralement plus proches des PME que des grandes entreprises puisque la moitie des ETI ont moins de 500 salariés

 

Le poids économique des ETI françaises : chiffres clés

 

Les ETI, même si elles sont encore peu nombreuses, apportent une contribution majeure à l’économie française et stimulent la croissance :

  • Il y a 5 300 ETI en France (0,15 % des entreprises françaises)
  • Les ETI emploient 3,3 millions de salariés (25 % des salariés français)
  • Les ETI représentent 30 % du chiffre d’affaires produit par l’ensemble des entreprises françaises
  • Les ETI réalisent 34 % des exportations françaises.

Les points forts des ETI françaises


Une surreprésentation dans l’industrie : les ETI se distinguent des PME et des grandes entreprises par leur forte présence dans l’industrie. Une ETI sur trois exerce son activité dans ce secteur et 38 % des salariés de l’industrie sont employés par des ETI.

Un rôle moteur dans l’emploi : les ETI emploient 25 % des salariés en France. En 2016, les deux tiers des emplois créés dans le secteur marchand l’ont été par des ETI. Et, entre 2009 et 2015, dans un contexte de faible croissance économique suite à la crise financière de 2008, les ETI sont, avec les PME, les seules catégories d’entreprises à avoir été créatrices nettes d’emplois.

Un véritable ancrage dans les régions : les ETI structurent l’activité économique et sociale à l’échelle régionale. Ainsi, 78 % des sites de production des ETI se trouvent en régions.

Un rôle essentiel dans le commerce extérieur : l’ancrage régional des ETI ne les empêche pas d’être bien implantées à l’international, à la fois au travers de leurs exportations et de l’implantation de filiales de production et de distribution à l’étranger.

Ainsi, les ETI réalisent le tiers des exportations françaises, ce qui contribue positivement à la balance commerciale française. Trois ETI sur quatre exportent et il y a 12 000 filiales d’ETI françaises à l’étranger, soit 33 % des filiales françaises.

Une forte capacité d’innovation : la capitalisation des ETI est, dans la majorité des cas, patrimoniale (c’est-à-dire détenue par des personnes physiques), voire exclusivement familiale. Cette spécificité capitalistique favorise un objectif de développement à long terme grâce, notamment, à l’innovation, élément essentiel d’une croissance pérenne. Les ETI assurent un quart des dépenses nationales d’innovation : investissement en recherche et de développement (R&D), dépôt de brevets, acquisition de licence, etc.

Les faiblesses des ETI françaises

 

Les ETI françaises sont peu nombreuses : elles représentent seulement 0,15 % des entreprises françaises. La France compte environ 5 300 ETI sur son territoire, ce qui est peu par comparaison avec le nombre d’ETI présentes dans d’autres pays européens : 12 500 ETI en Allemagne (où il existe un véritable tissu d’ETI, le Mittelstand, moteur de l’économie), 10 500 ETI au Royaume-Uni et 8 000 ETI en Italie.

Un cadre juridique et réglementaire inadapté : les ETI subissent, plus que les grandes entreprises, certaines lourdeurs réglementaires, sociales et fiscales de nature à entraver la croissance de leur activité. Dès lors qu’elles franchissent certains seuils, celles-ci doivent se conformer à des réglementations et contraintes supplémentaires sans pour autant atteindre une taille suffisante qui leur permet d’absorber ces obstacles.

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le projet de loi PACTE et les ETI

Le projet de loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), qui sera débattu au Parlement au printemps 2018, devrait contenir une série de mesures destinées à favoriser rapidement la création et le développement des ETI en France afin de permettre au pays de combler son retard en la matière. Voir les 16 propositions de l’Institut Montaigne en faveur des ETI

Pour aller plus loin : voir notre guide sur la création d’entreprise.

 

Sources : Insee (Tableaux de l'économie française, Édition 2018 ; Les entreprises en France, Édition 2017) – Institut Montaigne (Rapport janvier 2018) - Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI)

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